

Présentation
Lancé en 2000 sur PlayStation, Final Fantasy IX referme l'ère 32 bits de la série et signe le dernier opus de la saga conçu pour la première console de Sony. Après les univers résolument modernes de Final Fantasy VII et VIII, l'équipe d'Hironobu Sakaguchi a choisi de revenir aux origines : châteaux, dirigeables à vapeur, créatures fabuleuses et magiciens en chapeau pointu. Pensé comme un hommage assumé aux premiers volets, ce neuvième chapitre renoue avec la tonalité médiévale-fantastique qui a forgé l'identité de Final Fantasy, sans renoncer pour autant à une mise en scène spectaculaire et à une émotion d'une rare profondeur.
L'aventure démarre lorsque la troupe de comédiens Tantalas, qui dissimule en réalité une bande de voleurs, débarque au royaume d'Alexandrie pour donner une représentation. Leur véritable mission : enlever la princesse Grenat sur ordre du régent de Lindblum. Mais le destin s'en mêle, car la jeune héritière souhaitait elle-même fuir le palais, inquiète des agissements de sa mère, la reine Branet. Embarqué dans cette intrigue, le voleur au cœur tendre Djidane se retrouve à protéger Grenat aux côtés du petit mage noir Bibi et du chevalier rigide Steiner. Ce qui commence comme un simple kidnapping se mue en une odyssée qui interroge la guerre, l'origine de la vie et la peur de disparaître.
Côté système, FF9 abandonne les sphériers et les associations de magie pour une mécanique limpide et attachante : chaque capacité est rattachée à une pièce d'équipement. En portant une arme, une armure ou un accessoire, tu peux apprendre la compétence correspondante en cumulant des PC (points de capacité) à l'issue des combats ; une fois assimilée, elle reste acquise même sans l'objet. Les capacités de soutien, elles, se montent grâce aux pierres magiques et façonnent vraiment la personnalité de chaque héros. Le jeu réintroduit aussi les quatre membres d'équipe simultanés et confie un rôle distinct à chacun : Djidane vole les objets des ennemis, Steiner combine sa lame à la magie de Bibi, Grenat et Eiko convoquent des Invocations dévastateurs.
Ces Invocations — Ifrit, Shiva, Ramuh, Bahamut, Léviathan, Odin et les autres — héritent de l'imaginaire des invocations de la série et s'obtiennent au fil de l'intrigue ou via des pierres précieuses. Quand un personnage frôle la mort ou enchaîne les coups, sa jauge de Transe se remplit : une fois pleine, il bascule dans un état de surpuissance temporaire qui démultiplie ses attaques et débloque des techniques uniques. Disséminé dans tout le monde, le mini-jeu de cartes Tetra Master propose ses propres règles de placement et de capture, tandis que les Chocographes et le réseau postal des Mogs, le Mognet, garnissent l'aventure d'innombrables quêtes annexes.
Porté par une bande originale de Nobuo Uematsu souvent citée parmi ses plus belles réussites — avec le thème vocal « Melodies of Life » qui revient comme un fil rouge émotionnel —, Final Fantasy IX déroule un récit qui s'étale sur quatre disques et dépasse aisément la quarantaine d'heures, bien davantage si tu pars à la chasse aux secrets. Salué pour sa direction artistique, son humour tendre et sa galerie de personnages inoubliables, il est aujourd'hui considéré par une large part des fans comme l'un des sommets de la saga, et le préféré déclaré de son propre créateur. Un véritable retour aux sources, à la fois nostalgique et bouleversant.

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