On reconnaît Final Fantasy X à quelques notes de piano. C'est peu, pour un jeu de 2001 qui compte quatre disques et quatre-vingt-onze pistes — et c'est précisément l'idée : faire tenir un pèlerinage entier dans une mélodie qu'on peut fredonner.

Trois compositeurs, et une première dans la série

Jusque-là, une bande originale de Final Fantasy, c'était Nobuo Uematsu. Le dixième épisode rompt avec l'habitude : Uematsu partage l'écriture avec Masashi Hamauzu et Junya Nakano. C'est la première fois que la série confie sa musique à trois mains.

Le partage ne s'entend pas comme une couture. Il s'entend comme une amplitude : les quatre disques passent des hymnes du Priant aux thèmes de personnages, des salles de temple aux plaines ouvertes, sans que l'ensemble se disperse. L'album officiel publié par SQUARE ENIX MUSIC en retient quatre-vingt-neuf — les deux micro-jingles « Listen to My Story » et « Never Forget Them » n'y figurent pas.

Le piano qui revient

Une épée et un bâton plantés dans la terre, un ballon de blitzball à leur pied, devant des ruines au soleil couchant : le tout premier plan de Final Fantasy X, celui sur lequel « To Zanarkand » se joue au piano.
Une épée et un bâton plantés dans la terre, un ballon de blitzball à leur pied, devant des ruines au soleil couchant : le tout premier plan de Final Fantasy X, celui sur lequel « To Zanarkand » se joue au piano.
Auron, manteau rouge, met une épée entre les mains de Tidus sous un ciel étoilé, la nuit où Sin s'abat sur Zanarkand : c'est là que « Otherworld » se déchaîne, guitares saturées et chant hurlé.
Auron, manteau rouge, met une épée entre les mains de Tidus sous un ciel étoilé, la nuit où Sin s'abat sur Zanarkand : c'est là que « Otherworld » se déchaîne, guitares saturées et chant hurlé.
Le lac gelé de Macalania et ses crêtes de glace bleutée : c'est dans cette région que « Suteki da ne », chantée par RIKKI, accompagne la scène la plus tenue du jeu.
Le lac gelé de Macalania et ses crêtes de glace bleutée : c'est dans cette région que « Suteki da ne », chantée par RIKKI, accompagne la scène la plus tenue du jeu.

« To Zanarkand » — « Zanarukando nite » dans son titre d'origine — est le fil rouge. Le morceau ne s'impose jamais : il revient. Au début, quand on ne sait pas encore de quelle ville il parle. Plus tard, quand on l'a comprise. C'est ce déplacement de sens qui fait son effet, plus que la mélodie elle-même : la même phrase au piano ne dit pas la même chose à dix heures d'intervalle.

« Suteki da ne », chantée en japonais par RIKKI, tient le rôle de thème de Yuna. La version japonaise a été conservée dans toutes les éditions du jeu, y compris occidentales — un choix rare à l'époque, et qui a beaucoup fait pour l'identité sonore de l'épisode.

Et « Otherworld », qui casse tout

Le contraste le plus brutal de la bande-son est aussi le plus tôt entendu. « Otherworld » est un morceau de metal, chanté en anglais, et il accompagne l'attaque de Sin sur Zanarkand. Rien n'y rappelle le piano ni la voix de RIKKI : c'est une rupture assumée, placée exactement là où le jeu veut qu'on cesse de se sentir en sécurité.

L'onglet Bande-son de la fiche Final Fantasy X réunit la liste complète des pistes, disque par disque, ainsi que la playlist de l'album officiel.